Est-ce que les récits des compagnons sont des arguments juridiques ?
Est ce que les récits des compagnons sont des arguments juridiques ?
[Traduit de l'arabe par notre noble frère Sami Abou 'Oumar Al habashy]
Extrait du livre :
"Al Minhaj As-Salafi 'Inda Cheikh Nasr Ad-Din Al Albani"
de 'Amr 'Abdel Moun'im Salim"
page 35 à 41
Les récits des compagnons sont des preuves chez un grand nombre de savants et c'est la parole de la majorité des savants et certain ont même dit qu'ils ont le même rang que les textes prophétiques et c'est la position de l'imam Ahmad Ibn Hambal selon se que nous allons expliquer par la suite, et certains savants sont d'avis que
les récits des compagnons ne sont pas des arguments valables et cela est l'avis des "Ahl Az-Zahir" (les littéralistes) l'imam Ibn Hazm rahimahoullah était de cet avis.
Voici une explication en pofondeur :
L'imam Ahmad Ibn Hambal rahimahoullah :
Il voit que les récits des compagnons ont la même valeur que la Sounna du Prophète sal Allahu 'aleyhi wa salam au niveau de l'argumentation. (voire al masail de abu daoud al sajastani page 276) C'est cela qui est connu de lui et parfois il lui arrivait de concilier entre les hadith du prophète et les actes des compagnons pour ne pas avoir à délaisser un des deux.
L'imam Ash-Shafi'i rahimahoullah :
D'une manière général il rejoint l'imam Ahmad dans le fait que les récits des compagnons sont des arguments valables pour lui mais quand il n'y pas de texte du coran et de la Sounna. Al Bayhaqi a rapporté dans "al madkhal ila as-sounan al koubra" avec une chaîne de transmission authentique sa parole :
"Tant qu'il y a des textes du coran ou de la sounna il n'y pas d'excuse à celui qui les entend (il les obliger des les suivre) si il n'y en a pas alors on se rabat sur les paroles des compagnons ou de l'un parmi eux.
L'imam Abu Hanifa rahimahoullah :
Il rejoint Ash-Shafi'i à une petite différence prêt il est rapporté de lui dans le tarikh de Ibn Ma'in avec une chaîne de transmission authentique :
[...]"Si je ne trouve pas dans le livre d'ALLAH ou dans la Sounna de son messager je prends la paroles de ses compagnons, de celui que je veux parmi eux et je délaisse la parole de qui je veux parmi eux et je ne prends pas la parole d'autres qu'eux (que les compagnons)
L'imam Malik rahimahoullah :
L'imam Malik rejoint les 3 imams et il donne comme argument pour soutenir cette position la parole d'ALLAH 'aza wa jal dans sourate At-Tawba (s.9 v.100) :
"Les tout premiers [croyants] parmi les émigrés et les Auxiliaires et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils l'agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l'énorme succès !"
(voire i'lam al mouwaqin de Ibn Al Qayyim -c'est l'auteur qui cite la source)
Quand aux Zahiriya (littéralistes) ils ne prennent pas les récits des compagnons comme étant une preuve et Ibn Hazm a démontré cela dans plusieurs de ses livres. Et la parole juste c'est que les récits des compagnons sont des arguments valables selon se qui va suivre :
1)L'avis du compagnon qui s'est répandu parmi les compagnons et que personne n'a contester
Cela fait partie du ijma' as-soukoutiy (Le Consensus Silencieux) et il est prioritaire par rapport à toutes autres arguments tant qu'il ne contredit pas le Coran ou la Sounna et il est une preuve chez la majorité des savants.
exemple : Ce qui a été authentifié d'un groupe de compagnon a propos de l'essuyage sur les chaussettes (pas khouffein (chaussons) mais jawrabain (chaussettes) wallahou a'lam) parmi eux : ''Ali Ibn Abi Talib, Anas Ibn Malik, Abu mas'oud (pas Ibn Mas'oud c'est 2compagnons), Bara Ibn 'Azib, Abu Amama Al Bahaly radiallahou 'anhoum. Rien d'authentique contredisant cela a été rapporté de la part des compagnons.
2)l'avis du compagnon que seul un a adopté et qui ne contredit pas l'avis d'un autre compagnon
Cela est un argument également selon la plupart des savants si il ne contredit pas une règle des fondements (ousoul Al Fiqh) ou un texte religieux
exemple : Ce qui a été authentifié deIibn 'Oumar : "les 2 oreilles font parties de la tête" ceci a été rapporté par de nombreuses voie remontant ou ne remontant pas au Prophète Sal Allahu 'Aleyhi wa salam mais c'est seulement cette version qui est la parole de Ibn 'Oumar qui est authentique et l'imam Ahmad c'est appuyé sur se texte (pour dire que les oreilles font partie de la tête). Et aucun parmi les compagnons ne la contredit. (le cheikh cite un deuxième exemple mais je me tiens à cet exemple)
3)l'avis du compagnon qui contredit un autre parmi les compagnons
C'est un argument si il n'y a pas de texte du Coran et de la Sounna
mais il y a un ordre :
a) Si le compagnon est un des 4 califes bien guidés :
Il est prioritaire sur les autres et la preuve en est le hadith authentique
"suivez ma souna et la sounna des califes bien guidés".
C'est un ordre est l'ordre entraîne l'obligation (règles de Ousoul Al Fiqh). De plus il y a la parole qui est rapporté de Ali :
"n'aurais-je pas honte auprès de mon seigneur si je contredit Abu Bakr ?"
Et également se qui est rapporté de Ibn Abas qui quand on le questionnait sur une question, répondait par le Coran, si il ne la trouvait pas dans le Coran répondait par se qu'il savait du prophète 'aleyhi salat wa salam si il ne trouvait pas alors se qu'il savait de Abu Bakr et 'Oumar et si il ne trouvait pas alors il répondait en donnant son propre avis.
Si il y a divergence entre les 4 califes alors on privilégie Abu Bakr, ensuite 'Oumar, ensuite 'Outhman, ensuite 'Ali comme cela a été rapporté par Ibn 'Oumar :
"Nous privilégions parmi les gens à l'époque du prophète 'aleyhi salat wa salam Abu Bakr ensuite 'Oumar, ensuite 'Outhman"
(rapporté par al boukhari)
b)Si il y a une majorité de compagnons qui sont de cet avis
C'est un argument surtout si dans le groupe il y a les plus savants parmi les compagnons
(il y a un point c que j'ai n'ai pas compris (Sami Abou 'Oumar). )
Quel est la position de cheikh Al Albani ?
Le cheikh a expliqué de lui même qu'il n'y a pas de règles précises en effet il fut interrogé :
"Est-ce qu'on doit appliquer les paroles des salafs de manière systématique si elles sont authentiques ?"
Sa réponse :
"Sur cette question il n'y a pas de règles précises, cependant il est possible qu'on y applique des règles. Si il y a une parole d'un compagnon qui ne contredit pas de texte du Coran et de la Sounna et que cette acte ou cette parole faisait partie des choses dont les autres compagnons pouvaient être au courant et qu'il n'est pas rapporté d'un seul parmi eux qu'il est contredit cela alors on est l'âme apaisée et on peut prendre la parole, ou l'acte de ce compagnon. [...]
Je dis : (l'auteur) La vérité c'est que concernant cette question il
n'y a pas de règles précises et que cela dépend de la position du
cheikh et quand à la position des madhahib (écoles de pensés) elle a été expliqué dans les pages précédentes.Il a été rapporté par voie authentique a propos de l'imam Az-Zouhri qu'il comptait les récits des compagnons comme faisant partie de la Sounna l'imam Salah Ibn Kaysan a dit : "Nous étions moi et Az-Zouhri entrain d'étudier la science, nous écrivions se qui a été rapporté du Prophète 'aleyhi salat wa salam soudain il me dit :
"nous devons écrire se qui vient de ses compagnons car cela fait partie de la Sounna"
Je lui dit :
" cela ne fait pas partie de la sounna, alors nous ne l'écrirons pas"
il dit (Salah Ibn Kaysan) :
il écrivit tandis que moi je n'écrivis point.
C'est la position de l'imam Ahmad Ibn Hambal comme cela a été dit précédemment et c'est aussi la majorité des gens du hadith (Ahl Al Hadith) et cela est connu et répandu.
Wa Allahou a'lam